Rencontres d’Arles 2015
Nos 3 coups de cœur

Du 06/07 au 20/09/2015
Notre sélection des trois expos à ne pas manquer aux rencontres de la photographie : le Congo selon Alex Majoli et Paolo Pellegrin, Malkovich transformé par Sandro Miller et les églises de Markus Brunetti

© Delphine Chanet/ ABM Studio
Informations pratiques :
46ème édition des Rencontres de la Photographie
Site officiel : www.rencontres-arles.com
Forfait : 37€ (tarif réduit : 29€)
Pass journée : 29€ (tarif réduit : 24€)

Les articles du dossier :
-> le Congo selon A. Majoli et P. Pellegrin
-> Malkovich transformé par S. Miller
-> Les églises de M. Brunetti

ALEX MAJOLI ET PAOLO PELLEGRIN, « CONGO »

Programme « Les Plateformes du visible »
Parc des Ateliers, Le Magasin Électrique

Jusqu’au 20 septembre
Commissaire de l’exposition : Daria Birang
Avec le soutien de Cherry Tree Arts Initiatives
Alex Majoli et Paolo Pellegrin sont deux photographes membres de l’agence Magnum. Ils posent, dans cette exposition collaborative, un regard connaisseur sur le Congo contemporain.

Leur démarche emprunte à la tradition humaniste du photojournalisme selon Magnum, mais elle en interroge également les codes : aucun cartel ni commentaire ne vient troubler l’attention du spectateur dans cette exposition à quatre mains, pas même une indication pour distinguer le travail des deux photographes. Seule la courte introduction de l’écrivain Alain Mabanckou nous permet d’identifier le Congo dont il s’agit : c’est la vie quotidienne du « Congo-Brazzaville » qui nous est donnée à voir ici.

Comme le souligne l’essayiste, les deux artistes ont su éviter « les écueils que l’on rencontre le plus souvent lorsqu’un œil occidental se pose sur l’Afrique et privilégie le reportage anthropologique ou le récit de voyage exotique ». La réalité est théâtralisée par l’emploi récurent du noir et blanc, où les contrastes s’affirment avec élégance, mais une foule de détails éloquents insufflent à ces photos un élan vital et une authenticité incontestable.

Paysages profonds, scènes de travail ou de commerce, festivités, prostitution, portraits ou scènes d’intérieur… ces fragments du quotidien sont plusieurs fois magnifiés par des formats panoramiques cinématographiques, ou par des collages dynamiques.

Le visiteur est invité à se déconnecter de l’espace et du temps. Seul face aux images, hors de tout contexte, il s’abandonne à l’observation et à l’imagination, deux vertus indispensables pour entreprendre un voyage. Et c’est la plus belle vertu de cette exposition, elle appelle au voyage.

© Majoli/Pellegrin, Magnum Photos, Cherry Tree Gallery, Megève

Pour aller plus loin : les deux photographes sont représentés par la Magnum Gallery, sur le site de laquelle vous retrouverez leurs blogs (Paolo Pellegrin et Alex Majoli) et qui exposera cet automne à Paris Photo.

SANDRO MILLER « MALKOVICH, MALKOVICH, MALKOVICH »

« Hommage aux maîtres de la photographie »
Abbaye de Montmajour

Jusqu’au 20 septembre
Galerie Catherine Edelman, Chicago

Sandro Miller est un photographe et réalisateur qui a fait ses armes dans la publicité. Son amitié avec John Malkovich avait déjà donné naissance au stupéfiant Butterflies, court-métrage psychédélique primé en 2011 par le Saatchi&Saatchi Awards : elle est remise à profit dans cette exposition désopilante.

© Sandro Miller, Galerie Edelman, 2014

Comme il l’avait déjà prouvé dans le film ovni « Dans la peau de John Malkovich » de Spike Jonze, la star américaine nous montre une nouvelle fois qu’il n’a pas peur de jouer avec son égo ! Il met tous ses talents de transformiste en œuvre pour recomposer à l’identique des photographies célèbres, du Picasso d’Irving Penn au Jean-Paul Gaultier de Pierre & Gilles… du Che Guevara d’Alberto Korda aux jumelles de Diane Arbus. Toutes les grandes icônes de la photographie sont reprises avec une précision inouïe.

Sandro Miller ne s’adonne pas particulièrement à une réflexion théorique sur l’appropriation ou le simulationnisme. Comme il le confesse dans le sous-titre, il rend simplement hommage aux maîtres qui l’ont inspiré. Et si l’envie vous prend de revoir les originaux, la plupart d’entre eux sont également exposés à Arles au sein de la collection de la Maison Européenne de la Photographie. Les deux valent le détour !

Pour aller plus loin : site internet de Sandro Miller / site internet de la galerie Catherine Edelman

MARKUS BRUNETTI, « FAÇADES »

Programme « Résonances »
Parc des Ateliers, Grande Halle

Jusqu’au 20 septembre
Commissaire de l’exposition : Markus Hartmann

Première exposition en solo pour cet artiste allemand méticuleux, pionnier de la technologie numérique dans les années 80 et qui nomadise en Europe depuis dix ans avec sa compagne Betty Schöner. Markus Brunetti met à profit sa virtuosité technique pour compiler la diversité des façades de nos églises dans leur frontalité la plus absolue, selon une logique de perspective centrée.

En juxtaposant de charmantes chapelles portugaises en azulejos, avec de vertigineuses cathédrales gothiques et des basiliques italiennes de la Renaissance, Markus Brunetti nous permet d’apprécier, grâce à la constance de sa méthode, l’infinie diversité des clochers du vieux continent.

Il se place en digne héritier de la photographie conceptuelle des années 70 (et les fameux châteaux d’eau de Bernd et Hilla Becher), mais en y ajoutant un ingrédient supplémentaire : la prouesse technologique.

Ces tirages monumentaux sur papier sont le fruit d’un travail patient de capture de détails en conditions de douce luminosité. Markus Brunetti déclare prendre 100 à 2000 clichés par façade, mais il reste mystérieux sur les détails de sa technique.

L’assemblage de ces puzzles et leur tirage en grand format sur papier donnent naissance à des vues idéales, qui rappellent la perfection des plans d’élévation des architectes, mais avec une infinité de textures et de détails réalistes. Le résultat est grandiose et troublant.

Pour aller plus loin : Markus Brunetti est représenté par l’éditeur Hartmann Projects de Stuttgart.

expo brunetti arles

© Markus Brunetti/ Hartmann Projects.