ARANTHELL

Peintre

Aranthell conçoit ses œuvres comme un laboratoire de l’ordinaire. Cette jeune peintre emploie son talent au profit des sujets les plus insignifiants et donc des plus audacieux : viandes sous blister, éviers, réfrigérateurs, fonds de boîtes de conserve… Une invitation à prêter attention aux choses, au delà de leur apparente banalité

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Née en 1987 à Paris, Aranthell a une vocation précoce pour les arts. Au cours de son cursus d’arts appliqués, elle entreprend différentes techniques de création avant de se dédier essentiellement au dessin et à la peinture. Elle parachève ensuite son apprentissage technique par un approfondissement en philosophie de l’art à la Sorbonne.

Solitaire et contemplative, sa nature l’engage à s’effacer derrière son travail. Exerçant sous un pseudonyme, elle adopte des sujets et une démarche qui témoignent également de cette humilité : dépeindre son quotidien sous ses formes les plus communes. Et c’est dans cette recherche de la banalité que l’expérimentation trouve toute son originalité. Ces objets utilitaires composent une vaste série de natures mortes dans lesquelles on peut lire un autoportrait de la consommatrice. Mais c’est également une collection de choses remplaçables, fongibles, qui trouveront un écho chez chacun d’entre nous et que l’artiste transforme en œuvres uniques.

Sans titre, 2017 (série Infraordinaire)
Huile sur toile, 120 x 60 cm, 4200

Sans titre, 2015 (série Infraordinaire)
Huile sur toile, 45 x 60 cm, 2400

Aranthell, infraordinaire

La série « Infra-ordinaire » rend hommage au recueil éponyme de Georges Perec. Aranthell se passionne pour la littérature de l’ordinaire, ces auteurs qui tentent de déployer des exercices de style, des protocoles utopistes pour décrire la quotidienneté.

Perec constate que plus rien n’existe hors des « événements ». Est-ce que l’art peut réveiller notre attention pour annodin ? Comme lui, Aranthell prend le temps d’observer toutes les nuances de son environnement, elle cherche un émerveillement illusoire dans les objets qu’elle sélectionne pour leur éloquente insignifiance.

Sans titre, 2014 (série Infraordinaire)
Huile sur toile, 60 x 60 cm, 2700 €

La peinture d’Aranthell s’appuie sur la photographie. Les clichés qu’elle publie sur internet (@aranthell ) dépeignent un univers visuel cohérent et ultra-contemporain, déshérité ou aseptisé, qu’elle met en scène avec un humour non dénué de cynisme.

De la photographie à la toile, du bien de consommation à l’œuvre d’art, sa méthode de travail permet de changer le statut des objets sans trahir leur vérité. C’est donc une image franche, éclairée par la froide objectivité d’un flash qu’Aranthell transpose dans l’univers sensible de la peinture à l’huile. Malgré un effet d’ensemble extrêmement réaliste, la touche du pinceau n’est pas dissimulée : elle confirme le caractère unique de chaque interprétation.

Ses recherches plastiques se structurent toujours sous forme de séries. Ce sont des cycles qui restent ouverts tant que le sujet n’est pas épuisé et que l’artiste développe de manière concomitante. De la série Infraordinaire est née Premier choix. Cette gamme de pièces de viande sous blisters de divers formats, avec leurs angles noirs et leur cadrage rasant donnent une nouvelle dimension à ces œuvres : elles deviennent des toiles-objets.

« 0,730 kg », 2015 (série Premier Choix)
Huile sur toile, 61 x 50 cm,
2500 €

Poussant plus loin la provocation dans Premier choix, la jeune peintre se réjouit de son effet sur le public. Mais qu’elles prennent la forme de rires, d’excitation ou de scandales, les réactions des visiteurs supposent qu’ils aient changé leur regard sur cet objet qui les indiffère habituellement. Elle-même n’éprouve d’ailleurs aucune passion culinaire particulière pour la viande de bœuf.

Cette série de natures-mortes ne porte pas de jugement explicite sur notre alimentation. Elle nous oblige cependant à la regarder. Aranthell se reconnaît dans la filiation du Pop Art, mais constate que les objets « populaires » d’aujourd’hui n’ont plus la même connotation que dans les années 60. Cette « côte à griller » nous parle bien de l’Homme, mais sans complaisance. Plutôt que la Campbell’s soup can de Warhol, ne serait-t-elle pas plus proche du Bœuf écorché de Rembrandt, relu à la mode du XXIème siècle ?

Les titres des œuvres assurent la même objectivité. La chose dépeinte y est réduite à une froide description marchande. « 1,544 kg ». Le sujet de cette série dépasse la question du rapport animal/produit de consommation. C’est une marchandise certifiée, découpée, conditionnée, évaluée, répertoriée et vendue, qui reproduit toutes les informations de l’étiquette d’origine.

Dans ses œuvres à l’aquarelle, Aranthell déploit une touche plus allusive et moins explicite pour défier notre analyse. Modifié par son conditionnement, le motif ne se livre pas tout de suite et quand bien même a-t-on compris de quoi il s’agissait, nous sommes encore loin d’avoir deviné la recette de l’œuvre !

Qu’est-ce que c’est ?

Série Boîtoscope
Aquarelles sur papier, 16,5 x 18,8 cm
650 €
l’œuvre encadrée

Aranthell, boitoscope

Aranthell donne une dimension ludique à un sujet a priori stérile. Elle nous invite à chercher des réponses au fond des boîtes de conserve qu’elle a consommé, comme on tente de lire dans le marc de café. L’enjeu est de comprendre ce que l’on voit. Regarder ce que nous consommons. La coloriste parvient à nous affranchir de notre indifférence, à constater les nuances insoupçonnées qu’elle met au jour et qu’elle expose côte à côte pour qu’on puisse les comparer.

Avec le choix d’un cadrage inaccoutumé, un dessin délié au milieu d’une feuille de papier blanc, la série Anaéro poursuit le jeu des devinettes à travers le masque déformant du conditionnement sous vide d’air. Aranthell invite son spectateur à y dicerner la vérité au delà du packaging.

Série Anaéro, aquarelles sur papier, 19 x 33 cm
700 € l’œuvre encadrée
1. Betteraves, 2013 / 2. Lard, 2013 / 3. Choucroute, 2013

« Le supermarché est un lieu de nécessité dans lequel on ne s’attarde pas outre mesure. Mais on peut aussi s’y promener, sans même ramener son portefeuille. Ce ne sont que des éléments uniques, de différentes couleurs, rangés les uns à côté des autres dans des rayonnages. C’est pas très différent d’un musée. »

Sans titre, 2009 (série Infraordinaire)
Huile sur toile, 60 x 60 cm, 2600 €

Cette représentation sans fard du monde banal ne laisse pas indifférent, et c’est là tout son paradoxe. Le peintre a cette faculté extraordinaire de hisser n’importe quel objet au rang d’art et Aranthell a choisi de le faire de manière audacieuse et impertinente.

« Il n’est pas question de sujets, mais de lieux communs dont l’exploration est devenue nécessaire, tant nous y sommes enlisés. Il s’agit de faire de ces lieux communs des objets de réflexion. »

Ces œuvres n’ont d’autre objet que de vous interroger.

BIOGRAPHIE

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Expositions Personnelles
2016 – Infraordinaire – Le Laboratoire Culturel – Dourdan
2016 – Affordable Art Fair – stand La Micro Galerie – Bruxelles
2015 – Munitions – Le Hublot d’Ivry – Ivry-sur-Seine
2014 – Premier Choix – La Micro Galerie – Paris 9e
2012 – Histoire avec une grande hache – Abri-Mémoire – Uffholtz

Expositions Collectives
2016 – Novembre à Vitry – galerie Jean Collet – Vitry-sur-Seine
2016 – Focale – Collectif Plasma – Paris
2015 – Pleins Feux – Salle Voltaire – Ivry-sur-Seine
2014 – États liquides, Collectif Plasma – Maison des ensembles – Paris 12e
2014 – Le dur désir de durer, Arts à la pointe – Eglise St Raymond – Audierne
2014 – Silicon Valois – Ministère de la Culture et de la Communication – Paris
2014 – De nombreuses réclamations (…) Family Business – Palais de Tokyo – Paris
2012 – Novembre à Vitry – Galerie Jean-Collet – Vitry s/Seine
2011 – Trait(s) Libre – La Halle Roublot – Fontenay/s Bois
2011 – Salon de l’Art et de l’Edition Parallèle – CAC Aponia – Villiers s/Marne
2011 – Pages – CAC Georges Pompidou – Cajarc
2009 – Objets à l’excès – Hôtel de ville – Neuilly s/Marne

Résidences
2014 – mai – Silicon Valois, Ministère de la Culture – Paris 1er
2012 – février/mai – Abri-Mémoire – Uffholtz
2011 – février – Maisons Daura – Saint-cirq-Lapopie

Publications
2014 – Le dur désir de durer – Catalogue – Arts à la Pointe / Cap Accueil
2013 – Chiasme – revue – Paris1 Sorbonne
2012 – Histoire avec une grande Hache – Catalogue, bilingue – Abri-Mémoire
2011 – Les Cahiers d’Adèle – Rédaction dans le #8 – Adèle et Otto
2010 – Echap – projet collectif web et papier (invitée) – Paris4 Sorbonne

Collections
2012 – Communauté de Communes de Cernay & environs
2011 – Artothèque du Lot

Autre
2014/2016 – Lettres d’un Combattant – correspondance en ligne
2013 – Création du collectif – Collectif Plasma
2010 à 2011 – Atelier Privé – Assistante de l’artiste et auteur Séra – Paris

Formation
Arts Plastiques / Esthétique – Paris 1, Sorbonne
Arts Appliqués – Eugénie Cotton, Montreuil


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