JEAN-MARC PLANCHON

Photographie, peinture

Jean-Marc Planchon modèle ses sujets dans l’obscurité. Ses photographies, cueillies avant le lever du jour, ne laissent poindre que les formes substantielles de la ville. Initié dès le plus jeune âge à la calligraphie japonaise, il découpe les contours de fenêtres par un effet de réserve et de transparence, dans la noirceur de l’encre de Chine.

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Né en 1959 à Paris, Jean-Marc Planchon est passé par l’École Nationale Supérieure des Arts Appliqués et l’École Supérieure d’Art Graphique de Paris avant de mener une carrière dans le design graphique. Il a ensuite décidé de se consacrer uniquement à sa création artistique.

Administrateur de la résidence Le 6B à Saint-Denis depuis sa création en 2010, Jean-Marc Planchon a exposé son travail dans diverses galeries et institutions, en Europe et en Extrême-Orient. Son travail polyvalent est axé autour de la peinture à l’encre sur papier et de la photographie argentique.

À travers ses différentes disciplines, on retrouve toujours un même intérêt pour la synthèse des formes. Ses œuvres cherchent à restituer l’essence de toute chose. Et quand on lui demande de définir sa démarche, il la résume ainsi avec humour : « si on devait me comparer à une œuvre littéraire, je serais plus près du haïku que de Proust ! »

Le travail de la lumière tient une place primordiale dans cette démarche minimaliste : captée dans ses nuances les plus subtiles, elle lui permet d’effleurer les surfaces et de délimiter a minima les contours et la profondeur de ses sujets. Cet éclairage parcellaire révèle leur présence, tout en chassant les détails et les anecdotes qui risqueraient de détourner l’attention.

Venise 20, 2015
Tirage argentique sur papier RC
40 x 30 cm (feuille : 50 x 40 cm env.)
À partir de 780 €

Jean-Marc Planchon ne conçoit sa pratique photographique que dans l’obscurité. Ses clichés argentiques sont pris avec des temps de pose très long afin de capter la faible luminosité qui précède l’aube. Elle lui permet d’envelopper ses sujets dans une atmosphère diffuse.

À cette heure tardive, entre chien et loup, le monde est dans un état d’indécision. Ses photographies cherchent à rendre compte de cet entre-deux, qu’il qualifie de « non-équilibre », à travers des effets mesurés de flou et d’imprécision. Une vibration poétique anime les objets et suggère leur présence dans un souffle.

Les Grues 2, 2015
Tirage argentique sur papier RC
28,5 x 40,5 cm (feuille 40 x 50 cm env.)
À partir de 780 €

Le mystère est également nourri par tout ce qui n’est pas révélé dans le clair-obscur. L’environnement est présent dans le cadre, mais il s’évanouit dans un noir profond. Cette fragmentation offre au spectateur un espace de suggestion, où il peut laisser libre cours à son imagination.

Cette méthode de travail force Jean-Marc Planchon à fuir la lumière artificielle quand il dépeint la ville. Son attention se concentre alors sur des lieux préservés, des ruelles, des passages, éclairés par de rares lampadaires. Ses virées nocturnes nous entraînent dans les recoins secrets de son quartier de Belleville.

La ville assoupie révèle son vrai visage. Ces images ne sont pas tout à fait exemptes de références culturelles, en particulier quand le photographe arpente les rues de Venise, mais l’architecture nous apparaît alors comme dénudée. Passée la frénésie diurne, quand les habitants ont déserté les rues, les bâtiments se chargent d’une étrange personnalité.

Jean-Marc Planchon est attaché à l’intégrité du médium photographique, qu’il distingue à peine de sa pratique des arts graphiques. En dehors de ses très grands formats, il s’attache à réaliser lui-même ses tirages et ne les recadre pas. Il voit dans cette maîtrise globale du processus de création, la garantie d’une continuité entre l’inspiration première et les épreuves finales sur papier.

Voûte 2, 2015
Tirage argentique sur papier RC
28 x 40,5 cm (feuille 40 x 50 cm env.)
À partir de 780 €

Jean-Marc Planchon a été initié à la calligraphie japonaise dès l’âge de cinq ans. De son premier enseignement à l’école Martenot, puis de ses initiations auprès de maîtres japonais, il a conservé la philosophie de la calligraphie mais l’a adaptée à ses recherches plastiques sur la lumière.

La pratique traditionnelle de la peinture à l’encre suppose une grande disponibilité d’esprit. Jean-Marc Planchon pratique généralement cet art loin de tous, dans le calme d’une maison périgourdine. Il explique devoir abandonner toute forme d’intentionnalité pour laisser place à un geste naturel et spontané, plus proche de l’écriture que de la peinture.

Cet exercice suppose une approche spatiale tri-dimensionnelle, très différente de celle de la peinture occidentale : le dépôt d’encre dépend de la pression exercée par le pinceau sur le papier et le mouvement prend appui sur l’ensemble du corps. Les impulsions ne proviennent pas du poignée, mais de l’épaule.

Fenêtre 2, 2009
Encre sur papier, 70 x 50 cm
À partir de 580 €

La lumière, qui façonne l’œuvre de Jean-Marc Planchon, en devient le sujet principal dans sa série des Fenêtres. Les nuances de l’épaisseur du trait évoquent ici des rayons de lumières pénétrant dans un intérieur. Les murs et les fenêtres, éléments rythmiques par excellence du paysage urbain, suscitent notre curiosité, ouvertes de jour, fermées de nuit. Une expression minimaliste d’un espace intime, fait de pleins et de vides.

Diptyque Pont/ arbres, 2012
Tirage Piezo charbon sur papier baryté vernis et contrecollé sur dibond
Panneau gauche : 81 x 54 cm / panneau droit : 81 x 115 cm
10.000 €

Photographies argentiques tirées par l’artiste en 5 exemplaires + 2 épreuves d’artiste

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