CLAUDIA VIALARET

photographe plasticienne

Les compositions de Claudia Vialaret se nourrissent de la mémoire de l’art. Partant de reproductions de chefs d’œuvres classiques ou de ses propres photographies, elle fragmente les motifs en froissant les images et réinterprète ainsi des thèmes séculaires

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Série Caravagesques

2013 / tirage pigmentaire sur papier Epson semi-gloss, contrecollé sur aluminium
40 x 40 cm / cadre en bois noirci
éditées en 7 exemplaires

Née en 1953, Claudia Vialaret vit et travaille à Paris. Agrégée en arts plastiques, elle mène de front une carrière d’enseignante, une pratique assidue de la peinture, du dessin, puis de la photographie argentique, et de nombreuses expositions en France et à l’étranger depuis les années 1990.

Inspirée depuis toujours par le froissement manuel du support de ses œuvres, sa pratique photographique prend un tournant en 2005 avec la découverte du montage numérique.

L’informatique s’impose comme un jalon indispensable dans un processus créatif en plusieurs étapes : partant de reproductions d’œuvres d’art ou de ses propres clichés pris en studio et imprimés, Claudia Vialaret déforme l’image en volume et la photographie sous tous les angles pour ensuite la retravailler et l’assembler sur ordinateur.

« Je détruis et je crée, dans le même geste » résume l’artiste. Avec un geste instinctif et inspiré, elle déchire et elle froisse des chefs d’œuvre de la peinture pour leur donner une nouvelle dimension. La violence symbolique du procédé amplifie le caractère baroque et tragique des tableaux du Caravage, en les réduisant à un assemblage de détails qui retranscrivent une vision subjective.

C’est une démarche iconoclaste qui ne doit pas nous tromper sur les intentions de Claudia Vialaret : la photographe rend hommage aux maîtres qui l’inspirent et c’est son goût pour l’exercice académique qui la pousse à soumettre les thèmes bibliques et mythologiques à ses expérimentations plastiques.

La Mise au tombeau, 2013 / 40 x 40 cm / 750 €

L’histoire de l’art est une longue chaîne de transmission, marquée par des héritages et des réactions contestataires, mais dans laquelle la citation, l’emprunt ou le ré-usage des images fut toujours un exercice naturel et stimulant.

Claudia Vialaret réussit cette réactivation avec une esthétique minimaliste, qui fait autant référence à la peinture italienne qu’aux facettages cubistes.

La série des Caravagesques est une ré-interprétation contemporaine et sensible de la Grande Peinture. La dimension narrative des œuvres s’efface devant l’éloquence des détails : un attribut – comme le crâne de saint Jérôme – ou un personnage secondaire – la servante éplorée de la Mort de la Vierge – qui concentre en lui-seul le souvenir du sujet principal, dont il n’était que l’accessoire. Sous la forme de petits tableautins ou d’imposants tirages, ces photo-montages nous transmettent un fragment d’histoire, avec souvent pour seul titre la familiarité d’un prénom.

Marie, 2013 / 40 x 40 cm / 750 €

Caravagesques, grands formats

La Fuite en Égypte, 2013
Tirage pigmentaire sur papier Epson semi-gloss,
contrecollé sur aluminium / 90 x 70 cm /
en 3 exemplaires
1800 €

La symbolique du froissement est toujours mise au service d’une idée. L’artiste prépare sa conception par des séries de croquis qui l’aident à déterminer la forme que prendra le papier. Une compression ovoïde pour une maternité, un étirement en forme de suaire pour une Mise au tombeau, ou encore un chaos lumineux pour une Conversion de saint Paul.

Claudia Vialaret se laisse ensuite inspirer par le hasard, mais dans un protocole maîtrisé. La modelage manuel de l’image lui offre une infinité de possibilités, ainsi qu’une certaine spontanéité. Mais l’artiste prend soin de faire coïncider les angles du papier avec les plis du drapé et d’équilibrer sa composition. Le traitement informatique de l’image lui permet ensuite d’accentuer les lumières et les ombres, ou de magnifier quelques accents colorés.

Le pli impose sa marque sur l’œuvre. Il déforme les angles, tord les visages, disloque une composition pour en créer une nouvelle : il transforme surtout un sujet chargé de symbolique, en une construction de papier fragile et éphémère, qui semble flotter dans le néant. Il en résulte un volume, aux formes irrégulières et brisées, dont la liberté contraste avec le cadre noir qui l’habille.

Lorsqu’elle met en scène des modèles, Claudia Vialaret prépare la prise de vue par un vaste inventaire de toutes les attitudes utilisées par le passé pour représenter le personnage allégorique qu’elle a choisi. Le répertoire de poses est discuté avec le modèle. Le sujet est nu, ou ses vêtements sont atemporels, et la photographe se concentre sur ses attitudes, en évitant tout détail contextuel.

C’est bien sûr Rodin qui lui a inspiré la série des Penseurs. Dans ces académies masculines, le froissement permet une sorte d’anamorphose de la pensée. À travers l’assemblage d’une multitude de clichés – qui ressemblent plus que jamais à un collage – Claudia Vialaret dépeint les facettes de l’âme humaine, entraînée par un tourbillon de pensées.

Série des Penseurs

2009 / Tirage pigmentaire contrecollé sur aluminium
Caisse américaine en chêne noirci / Tirage en 3 exemplaires

Série Morcelé

2016 / Tirage pigmentaire sur papier Archival
Cadre en bois blanc, sous verre / Tirage en 5 exemplaires

Nus, vanités, portraits… ces montages qui conjuguent les genres et les disciplines sont bien plus que des exercices de style. Sous une forme simple et épurée, ces œuvres mettent en scène la symbolique des gestes et des objets. Le crâne et sa morale implacable (« Souviens toi que tu vas mourir ») ou un fragment de corps, sur un papier déchiré, qui suffit à l’artiste pour convoquer une multitude d’images et de noms dans la mémoire du spectateur. Isaac, Jean-Baptiste, Jésus…

Série Vanités

2010-2016 / Tirage pigmentaire sur papier Archival
Cadre en bois doré, sous verre anti-reflets / Tirage en 3 exemplaires

BIOGRAPHIE

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EXPOSITIONS RÉCENTES :

➔ 2016
◆ Shanghai Art fair stand Galerie LDX Art Drome
◆ Group show Celina gallery, Luxembourg
◆ Exposition personnelle à la galerie Loft Photo, Bruxelles
◆ Group show Cabinet Versus Versus, Paris
◆ EgosXI Mostra internazionale d’arte co ntemporanea, Rome

➔ 2015
◆ Galerie LDX Art Drome, Berlin
◆ « Art Accessible » Art fair, Bruxelles
◆ « Str’off » Art fair, Strasbourg
◆ Craft shop gallery, Paris
◆ Salon « La quatrième image », Paris

➔ 2013
◆ Expositions personnelles à la galerie Imagineo, Paris et au centre d’art
« L’atelier blanc » Villefranche de Rouergues

➔ 2012
◆ « Je & un autre » Mois de la photo-off, Paris (coll.)
◆ « Oui Body ! » Galerie La Ralentie, Paris (coll.)
◆ Salon Art Paris, Galerie Taiss. Grand Palais, Paris

➔ 2011
◆ Exposition personnelle « Prendre le Pli » au Centre culturel Icare, Issy-les-Moulineaux
◆ Salon Chic Art Fair, Cité de la Mode et du Design, Paris
◆ « Corps révélé(s) » L’étoile du Nord Théâtre, Paris (coll.)

➔ 2010
◆ Galerie Dialogos, Paris (coll.)
◆ Galerie Edifor, Paris (coll.)
◆ Biennale internationale de l’Image, Nancy

FORMATION & DISTINCTIONS

Université d’Aix-en-Provence puis de la Sorbonne : maîtrise, capes, agrégation d’Arts Plastiques en 2005

« Coup de cœur » de la revue Azar Photographie 2012
« Coup de cœur » Bourse du Talent Photographie.com 2009

LES AUTRES ARTISTES DE L’EXPOSITION MEMOIRES VISUELLES